lundi 20 février 2017

07 - C comme critique

Le pire ennemi de l'écrivain : c'est lui-même. Il sait ce qui lui plait et ce qui lui plait moins pour avoir lu des tonnes de livres lui-même. Il sait quand une phrase fonctionne ou non et du coup, il peut se permettre de critiquer son propre texte. Néanmoins, on est toujours beaucoup plus sévère avec soi-même comme si on en attendait plus qu'avec les autres. Du coup, ce n'est pas évident de se retrouver confronté à cet esprit critique qui guette au fond de notre tête, caché au tournant des phrases que nous sommes en train de taper. Nous ne sommes jamais à l'abri de ce critique là et il ne nous laisse jamais indemne. On se sent toujours plus minable que les textes qu'on a lu ailleurs, moins talentueux, même si ce n'est pas forcément le cas. Mais il n'y a pas que notre critique interne qui peut être un juge féroce. Avant de montrer notre création, notre perle, il faut être certain que celle-ci est achevée et qu'on peut prendre toutes les critiques qui se feront. On peut par la suite se sentir démolit, mais il faut accepter que la critique fait partie du métier. On n'écrit pas de texte parfait au premier jet. Il faut retravailler et voir ses propres erreurs, ses propres maladresses et éviter de les refaire. Les amis honnêtes sont les amis dont on a le plus besoin lorsque vient le moment de recevoir une critique. Ils sauront nous conseillé moins durement que notre critique interne, mais aussi sévèrement que l'amitié le permet. 

06 - V comme vocabulaire

Le vocabulaire d'un écrivain varie en fonction de ses expériences et de ce qu'il a lui-même l'habitude de lire. Un mathématicien ne choisira pas les mêmes termes qu'un surréaliste pour parler de la même chose et c'est valable pour toutes les sphères de l'écriture. La plupart des gens qui écrivent désirent employer un beau vocabulaire pour pouvoir faire l'étal de leur connaissances, montrer qu'ils ont davantage de culture .. Mais ce n'est pas la seule chose qu'il faut avoir pour bien écrire. Il faut également savoir tourner ses phrases, maîtriser la description, le dialogue .. L'auteur peut avoir ses préférences, mais si il emploie des grands mots dans une phrase vide de contenu, l'effet est médiocre comparé à celui qui écrit une phrase simple avec des mots simples et qui signifie quelque chose. Il faut que l'écrivain trouve son style à lui et qu'il ne cherche pas qu'à miser sur le choix de ses mots, mais aussi sur sa façon de dire ses phrases. Le contenu d'une histoire peut être le même dans deux textes et pourtant, l'un est écrit avec des mots recherchés et l'autre avec des mots simples et le plus simple peut être le plus fort. Le choix du vocabulaire est important chez l'écrivain, mais il doit comprendre que ce n'est pas ce qui fait de lui un bon ou un mauvais écrivain.

05 - A comme Addiction

L'écriture est une drogue douce. Elle nous enivre et nous sommes obligés de continuer à la consommer, même si parfois ses effets peuvent nous rendre grognon ou en état de manque. On pense pouvoir s'en passer du jour au lendemain, car nous avons longtemps vécu sans elle et pourtant .. Dès la première phrase tapée, nous voilà incapable de nous arrêter avant d'avoir complètement terminé. Ce n'est pas facile, le métier d'écrivain. Ce n'est pas un état qui nous traverse avant de nous laisser indemne, bien au contraire. On peut peut-être manquer d'inspiration, mais avoir tout de même l'envie d'écrire. On peut également ne pas avoir envie d'écrire du tout, mais « parfois s’arrêter est le meilleur moyen de se rendre de nouveau frénétique » (p.75). L'écriture est un état d'esprit dans lequel l'écrivain se met et qui le libère des idées qui envahissent sa tête. L'écriture peut parfois être un poids, mais elle est bien souvent une délivrance pour celui qui écrit. Le talent vient avec le temps, mais on ne peut pas échapper à l'appel de ce besoin d'écrire.

04 - E comme Enfance

L'enfance est souvent le puit d'inspiration pour l'écrivain. C'est là une source inépuisable d'imagination et de rêverie. Il est indispensable de comprendre son passé pour pouvoir écrire, selon moi, ça explique bien souvent les sujets que l'on choisit d'aborder ou, au contraire, d'éviter. Le métier d'écrivain est l'un des rares où l'on peut dire que le fait de rêver est important et qu'il faut également savoir garder cette partie enfantine qui est en nous. Nous sommes également assez marqué par ce que nous vivons pendant notre enfance, par les lectures que nous faisons à cette époque de notre vie, mais aussi par les expériences et les ressentis. Notre sensibilité se développe souvent pendant l'enfance et c'est à ce moment qu'on porte le plus attention à ce qui nous entoure, même les choses les plus banales parce que justement, rien n'est banal quand nous sommes enfants, tout nous émerveille .. C'est cette sensibilité créatrice qu'il faut garder à son état naturel. L'enfance est cette fragilité qui fait de nous l'écrivain que nous sommes et qui fait que nous restons nous-même, même dans l'imaginaire. 

03 - L comme Lecteur

La question la plus importante pour l'écrivain, celle qu'il repousse constamment et à laquelle il n'a pas envie de répondre : Pour qui écrit-il ? Pourtant, le fait de répondre à cette question peut aider l'écrivain à orienter sa façon d'écrire. Il faut qu'il choisisse qui il veut avoir comme lecteur et par la suite tenter de le séduire, même si il doit garder en tête que le lecteur ne s'intéresse pas forcément à ce qu'il vit dans sa vie. Il est donc important que l'écrivain soit capable d'accepter que son lecteur ne sera pas forcément celui qu'il a envie qu'il soit, mais le lecteur doit aussi s'attendre à lire des textes qu'il ne s'attendait pas à lire ou au contraire, qui reflète sa vie (car l'écrivain n'était pas encore au courant du pacte qu'il doit avoir avec le lecteur). 

Il faut aussi que l'écrivain prenne en compte que la mémoire du lecteur n'est pas infaillible et il doit glisser parfois des petits résumés pour rappeler l'information au lecteur, mais sans lui donner l'impression d'être un idiot. Je suis tout à fait d'accord avec ça parce que ça m'arrive souvent aussi à moi de lire et d'oublier ce qui s'est passé avant parce que j'ai posé le livre pendant trop longtemps et des rappels ne seraient pas de refus. Il faut donc que l'écrivain prenne conscience de tout ce qui fait que son texte sera lu. Il ne peut pas agir comme si son texte restera dans son tiroir .. Il doit assumer ses choix et sa façon d'écrire. 

02 - S comme Science

Certains auteurs sont parfois des personnes qui faisaient d’autres métiers avant de se tourner vers la littérature. C’est le cas de certains scientifiques et de certains mathématiciens qui écrivent des livres que l’on considère parfois comme trop scientifique. Mais on ne peut nier que leur écriture peut amener certaines personnes à s’intéresser à la littérature alors qu’ils n’y voyaient pas forcément un intérêt de prime abord. Je pense qu’il est également important de préciser que la plupart des gens aiment s’intéresser à des sujets qui ne sont pas ceux de leur «vraie» vie, alors les écrits qu’ils font ne sont pas que des sources d’intérêts pour des mathématiciens. En plus, à leur époque, les scientifiques ont permis au vocabulaire de se développer. Je pense donc que c’est quelque chose de crucial de mélanger les idées et les façons de faire. Ça nous permet de nous développer et d’approfondir notre culture. En plus, c’est un bon moyen de renouveler les genres littéraires et les thèmes sur lesquels ont écrits, car comme le dit si bien Dany Laferrière : « Avec le temps et la quantité de livres publiés, il n’y a plus de phrases originales. Toutes les phrases que vous pouvez écrire l’ont été déjà des milliers de fois. » La science peut donc amener une toute autre dimension à l’écriture qui peut donc renouveler l’écriture. Il faut donc ne pas se fermer à des genres qui ne semblent pas être compatibles, il faut au contraire s’ouvrir à la différence et accepter de s’intéresser à des sujets différents.  

mercredi 15 février 2017

01 - P comme Patience

Pour écrire, il ne faut pas simplement s'armer d'un crayon et d'une feuille de papier. Il faut également posséder l'une des plus grandes qualités de l'écrivain : la patience. Comme dit dans l'oeuvre de Dany Laferrière, cette qualité est mise à rude épreuve dès le début du processus d'écriture : « [...] Je me suis assis devant la machine pour écrire ma première phrase. J'ai attendu la suite tout l'après-midi. Je ne savais pas encore qu'il n'y avait rien de plus épuisant qu'une première phrase. » (p.12) C'est aussi ça, être écrivain. C'est de comprendre et d'accepter que toute l'histoire que l'on veut écrire ne nous tombera pas dessus comme par magie. Il faut travailler fort et y mettre du temps. Il faut également comprendre que l'écriture se prépare et que parfois ça peut prendre beaucoup de temps. Il faut laisser son esprit accueillir l'histoire qui nous fait de l'oeil et prévenir notre entourage de notre manque de présence dans les prochains mois. Il faut se libérer des contraintes de la vie et s'atteler à notre oeuvre, sans se soucier du temps que ça prendra. Si l'histoire vient tout juste de naître dans son esprit, l'écrivain doit lui laisser le temps de poser ses bases, mais aussi se laisser le temps à lui-même de savoir si il a vraiment envie de vivre la longue aventure de l'écriture. La route est parfois longue et périlleuse, mais la patience est l'une des clés pour réussir.