lundi 24 avril 2017

09 - D comme Distance

« Cela peut prendre toute une vie pour écrire avec la gravité d'un enfant qui joue. »

L’écriture prend du temps. Il ne faut pas tout écrire d’un jet et s’attendre à la perfection. Au contraire. On peut écrire tout d’un coup, mais on doit lui laisser le temps de se reposer et de prendre certaines distances avec le texte que l’on vient d’écrire. À force de lire et relire son propre texte, il n’est plus possible pour l’auteur de voir ses erreurs d’un œil extérieur. Pour lui, ça semble être bien et si il ne se donne pas une distance ou un temps de repos, il ne pourra définitivement pas l’améliorer davantage. « En le reprenant , il arrive qu’on en découvre instantanément les défauts. [ … ] La distance permet surtout de voir les poins faibles et de les renforcer. » ( p. 103 ) La distance est donc quelque chose d’utile pour l’écrivain, mais surtout nécessaire. Elle lui permet de poser un regard nouveau sur ce qu’il a écrit et ainsi pouvoir mieux voir et comprendre ses erreurs en plus de lui offrir la possibilité de les résoudre. Il peut ajouter des phrases ou effacer des détails qui lui semblaient utiles aux premières lectures, mais qui ne sont plus aussi pertinents qu’il le pensait. On peut parfois même mieux comprendre sa propre écriture et éviter de faire comme Mailer dans l’exemple donné par Laferrière qui lui ne l’a pas fait et s’est retrouvé confronter à une œuvre qu’il n’avait pas réellement désirée sous cette forme.


Chaque nouveau regard (après la prise de la distance) permet d’ajouter une couche, de la vie, à ce que l’auteur a écrit et c’est cette accumulation de couches, de distance et de temps, qui permettent au livre d’exister réellement dans sa forme la plus complète.  

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