« Cela peut prendre toute une vie pour écrire avec la gravité d'un enfant qui joue. »
L’écriture prend
du temps. Il ne faut pas tout écrire d’un jet et s’attendre à
la perfection. Au contraire. On peut écrire tout d’un coup, mais
on doit lui laisser le temps de se reposer et de prendre certaines
distances avec le texte que l’on vient d’écrire. À force de
lire et relire son propre texte, il n’est plus possible pour
l’auteur de voir ses erreurs d’un œil extérieur. Pour lui, ça
semble être bien et si il ne se donne pas une distance ou un temps
de repos, il ne pourra définitivement pas l’améliorer davantage.
« En le reprenant , il arrive qu’on en découvre instantanément
les défauts. [ … ] La distance permet surtout de voir les poins
faibles et de les renforcer. » ( p. 103 ) La distance est donc
quelque chose d’utile pour l’écrivain, mais surtout nécessaire.
Elle lui permet de poser un regard nouveau sur ce qu’il a écrit et
ainsi pouvoir mieux voir et comprendre ses erreurs en plus de lui
offrir la possibilité de les résoudre. Il peut ajouter des phrases
ou effacer des détails qui lui semblaient utiles aux premières
lectures, mais qui ne sont plus aussi pertinents qu’il le pensait.
On peut parfois même mieux comprendre sa propre écriture et éviter
de faire comme Mailer dans l’exemple donné par Laferrière qui lui
ne l’a pas fait et s’est retrouvé confronter à une œuvre qu’il
n’avait pas réellement désirée sous cette forme.
Chaque nouveau
regard (après la prise de la distance) permet d’ajouter une
couche, de la vie, à ce que l’auteur a écrit et c’est cette
accumulation de couches, de distance et de temps, qui permettent au
livre d’exister réellement dans sa forme la plus complète.
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