mardi 25 avril 2017

14 - F comme Faits

Parler de ce qu'on sait oui, mais ... Pas que. Il faut aussi savoir parler d'autres choses et aller se renseigner, se documenter à propos des choses que l'on ne connait pas. Toutefois, il ne faut pas, selon Laferrière, tomber dans l'excès des américains et commencer à donner trop de détails à propos de tout. C'est vrai qu'il vaut mieux aller à l'essentiel et donner quelques petits détails plutôt que de faire que le lecteur se perd dans des longues descriptions inutiles. 

Il faut tout de même que l'écrivain qui parle d'un sujet qu'il ne connait pas fasse ses recherches, car le lecteur offre souvent une confiance aveugle en ce que l'écrivain écrit alors il faut que ce soit vrai, des faits. Mais il ne faut pas en étouffer le lecteur. La recherche oui, mais la réalité aussi. On doit sentir qu'il y a de la vie sous toutes la documentation. Il faut laisser son personnage boire un verre sans en décrire toutes les composantes. Après tout, si il commande une boisson, ce n'est qu'un détail pour le lecteur. Le lecteur s'intéresse très peu à savoir combien de millilitres il y a de vodka ou de rhum dans sa boisson. 

Les faits sont importants, mais la réalité, l'essence même de la vie qui se cache derrière certains écrits empli d'informations trop sérieuse, est tout aussi importante. 

13 - R comme Réalité

« L'être humain est une usine à secrets. »

Le première source d'inspiration d'un écrivain est son environnement. La famille, comme le dit si bien Laferrière, est une source intarissable d'idées. Pourquoi s'inspirer de choses que l'on ne connait pas alors que nous pouvons avoir un nid de secrets et de mystères juste sous nos yeux ? Il est important de savoir regarder autour de soi pour pouvoir offrir une belle représentation de la réalité. 

L'écrivain, toujours selon Laferrière, doit être un espion au sein même de sa famille. Prendre des notes discrètement, ne pas changer les noms dans la première version écrite ... À mon avis, c'est en effet une bonne façon de s'inspirer. Sans garder toute la vérité, il est possible de rendre un personnage plus vivant en lui attribuant les caractéristiques d'une vieille tante ou d'un frère. C'est quelque chose de simple à faire et qui peut aider un écrivain à mieux cerner ses personnages. 

En plus, l'auteur du Journal d'un écrivain en pyjama laisse entendre quelque chose qui est loin d'être faux : les télé-réalités prennent de plus en plus de place dans la société. Alors pourquoi chercher pendant des heures à inventer un univers que personne ne connait plutôt que de s'inspirer directement du réel dans lequel on vit et on évolue tous et chacun ? L'Homme ne résoudra jamais tout les secrets de l'univers et il faudrait peut-être commencer à en exploiter quelques uns ... 

12 - I comme Introducteur

Le premier livre est le premier vrai contact de l'écrivain avec son public. C'est la première rencontre et sans doute l'une des plus importantes. C'est celle qui va décider de si le public vous aime ou non. Bien entendu, il est toujours possible de rattraper les choses par la suite, mais ne dit-on pas que la première impression est décisive ?  

« Un bon nombre d'écrivains débutent par leur meilleur livre. [ ... ] Certains, après un départ fulgurant, disparaissent. » ( p. 169 ) Cette citation de Dany Laferrière résume bien la situation du premier livre. Certains pensent qu'écrire un livre est un jeu d'enfant et ce n'est qu'une fois le travail accompli qu'ils réalisent tout le travail qu'ils y ont mis. La critique est donc parfois dure à prendre. Il faut apprendre à l'accepter. Il ne faut pas que l'écrivain croient que parce que son premier livre à été un succès que celui-ci sera acquis pour ses prochaines oeuvres. Il doit toujours continuer à travailler d'arrache-pied pour que son succès soit constant. 

Un premier livre ne met pas la base de ce que sera la suite des oeuvres d'un auteur. Il peut par la suite faire de la poésie, s'il en a envie, du théâtre aussi, des scénarios pourquoi pas ... Il n'est pas obligé de rester dans le même genre. Néanmoins, selon Laferrière, il peut être intéressant d'aller voir les premiers livres d'un auteur pour y voir ses premières maladresses et aussi pouvoir voir son évolution jusqu'à maintenant. Il y a un style récurent dans une série d'oeuvre. Le premier livre est l'introducteur d'une carrière qui peut monter rapidement en flèche ou chuter tout aussi rapidement. 

11 - N comme Notes

 « Ce qui devient banal, à force de se répéter, est aussi la chose la plus miraculeuse qui soit, car on se demande ce qui se passerait si ça ne revenait plus. »

L’un des outils fondamentaux de l’écrivain est nul autre que le carnet de notes. « C'est un outil aussi essentiel que le marteau du menuisier. » L’écrivain, en herbes ou aguerri, devrait toujours avoir son carnet près de lui pour pouvoir prendre en note tout ce qui l’entoure, des détails jusqu’aux évènements majeurs.

Un dialogue vous amuse ? Un grafiti vous fait sourire ? La couleur sombre, mais tachetée de soleil vous interpelle ? Notez-le dans votre carnet. Ces notes pourront être un secours pour vos pannes d’inspirations ou vos futurs blocages dans vos récits. En plus, personne ne va les lire alors autant y noter tout ce qui vous vient à l’esprit (parce que ça peut être des choses que vous voyez, mais aussi des flashs d’idées qui surgissent soudainement).

Il faut aussi ne surtout pas tenter d’écrire directement dans le cahier de notes. C'est un cahier de notes, pas un cahier de production. Et si vous perdez votre temps à écrire le mince filon d’idée que vous venez d’avoir, vous risquez de passer à côté de belles notes …


Il ne faut donc pas oublier : toujours avoir un cahier à portée de main et apprendre à mieux regarder ce qui nous entoure. Après tout, la meilleure source d’inspiration est la vie qui nous entoure. « La vie courante est la source de toute fiction. » ( p. 150 )

10 - B comme Bibliothèque

« Lire et écrire sont deux choses différentes, et de bons lecteurs deviennent de mauvais écrivains parce qu'ils m'arrivent pas à accepter ce fait. »

 Aucune oeuvre n’est complètement unique. Chaque écrivain a une (ou des) sources d’inspirations dans les autres oeuvres qu’il a lu auparavant. Certains vont même jusqu'à révéler ses fameuses sources et « on est toujours heureux de voir évoquer les livres qu’on aime par un écrivain qu’on admire. » Ça nous permet en même temps de voir que nos goûts sont partagés et de voir que les livres ont laissés des traces chez d’autres personnes aussi.


La bibliothèque de livre que nous avons lu dans notre vie « continuent à cheminer longtemps en nous. » Des traces, des façons d’écrire, des propos … tout est bon pour faire allusion à d’autres oeuvres ou d’autres auteurs. De toute façon, il est impensable au jour d'aujourd'hui d'espérer être complètement unique alors pourquoi ne pas simplement être fier quand les lecteurs comprennent nos allusion ou que l’on nous compare à un auteur que l’on affectionne ? Ce n’est pas forcément négatif et il ne faut pas en avoir honte. Il faut simplement arriver à avoir un certain doigté, comme le dit Laferrière, pour arriver à bien maitriser le fait d'intégrer notre bibliothèque personnelle dans nos écrits. 

lundi 24 avril 2017

09 - D comme Distance

« Cela peut prendre toute une vie pour écrire avec la gravité d'un enfant qui joue. »

L’écriture prend du temps. Il ne faut pas tout écrire d’un jet et s’attendre à la perfection. Au contraire. On peut écrire tout d’un coup, mais on doit lui laisser le temps de se reposer et de prendre certaines distances avec le texte que l’on vient d’écrire. À force de lire et relire son propre texte, il n’est plus possible pour l’auteur de voir ses erreurs d’un œil extérieur. Pour lui, ça semble être bien et si il ne se donne pas une distance ou un temps de repos, il ne pourra définitivement pas l’améliorer davantage. « En le reprenant , il arrive qu’on en découvre instantanément les défauts. [ … ] La distance permet surtout de voir les poins faibles et de les renforcer. » ( p. 103 ) La distance est donc quelque chose d’utile pour l’écrivain, mais surtout nécessaire. Elle lui permet de poser un regard nouveau sur ce qu’il a écrit et ainsi pouvoir mieux voir et comprendre ses erreurs en plus de lui offrir la possibilité de les résoudre. Il peut ajouter des phrases ou effacer des détails qui lui semblaient utiles aux premières lectures, mais qui ne sont plus aussi pertinents qu’il le pensait. On peut parfois même mieux comprendre sa propre écriture et éviter de faire comme Mailer dans l’exemple donné par Laferrière qui lui ne l’a pas fait et s’est retrouvé confronter à une œuvre qu’il n’avait pas réellement désirée sous cette forme.


Chaque nouveau regard (après la prise de la distance) permet d’ajouter une couche, de la vie, à ce que l’auteur a écrit et c’est cette accumulation de couches, de distance et de temps, qui permettent au livre d’exister réellement dans sa forme la plus complète.  

08 - O comme Où ?

« C'est toujours préférable pour un écrivain de vivre dans une ville qu'il n'aime pas. Il pourra passer sa journée à écrire sans avoir l'impression de manquer quelque chose. »

C’est l’une des questions les plus importantes qu’un auteur peut se poser. Où écrire et où situer son histoire ? Il n’existe évidemment pas de recette miracle. Tout est différent pour chacun. Chaque écrivain n’a pas la même méthode de travail, certains préfèrent travailler dans des cafés, « [d]’autres doivent s’asseoir sur la même chaise bancale qu’ils stabilisent en glissant un magazine sous une des pattes. Certains doivent avoir un chat sur leur genou ; d’autres, être assis près d’une fenêtre. » ( p. 94 ) Le lieu n’est donc pas un endroit défini pour tout le monde. L’inspiration ne vient pas non plus toujours aux mêmes moments ni dans les mêmes lieux pour tout le monde. Néanmoins, que ce soit sous la douche, dans la voiture ou avant de s’endormir, pendant une promenade en forêt ou une déambulation en ville … Les idées viennent à un moment où à un autre. Parfois elle doit être forcée légèrement, tout comme l’écriture, pour que tout s’enchaîne et que l’on puisse trouver le « où » de notre histoire. Tous les lieux où peuvent se passer nos histoires n’intéressent pas tous les mêmes écrivains. La cathédrale Notre-Dame n’inspirera peut-être pas un auteur vivant au Japon et qui garde sa culture et son pays dans ses récits.


Le lieu n’a donc pas de définition propre et à suivre à la lettre, dans le travail d’écriture. On écrit là où nous sommes inspirés et là où l’on se sent le mieux, le plus à l’aise pour pouvoir écrire (même si nous avons quelquefois besoin d’un coup de pouce) et il faut aussi se laisser porter par les histoires qui germent dans nos têtes pour trouver le lieu où héberger notre histoire.  

lundi 20 février 2017

07 - C comme critique

Le pire ennemi de l'écrivain : c'est lui-même. Il sait ce qui lui plait et ce qui lui plait moins pour avoir lu des tonnes de livres lui-même. Il sait quand une phrase fonctionne ou non et du coup, il peut se permettre de critiquer son propre texte. Néanmoins, on est toujours beaucoup plus sévère avec soi-même comme si on en attendait plus qu'avec les autres. Du coup, ce n'est pas évident de se retrouver confronté à cet esprit critique qui guette au fond de notre tête, caché au tournant des phrases que nous sommes en train de taper. Nous ne sommes jamais à l'abri de ce critique là et il ne nous laisse jamais indemne. On se sent toujours plus minable que les textes qu'on a lu ailleurs, moins talentueux, même si ce n'est pas forcément le cas. Mais il n'y a pas que notre critique interne qui peut être un juge féroce. Avant de montrer notre création, notre perle, il faut être certain que celle-ci est achevée et qu'on peut prendre toutes les critiques qui se feront. On peut par la suite se sentir démolit, mais il faut accepter que la critique fait partie du métier. On n'écrit pas de texte parfait au premier jet. Il faut retravailler et voir ses propres erreurs, ses propres maladresses et éviter de les refaire. Les amis honnêtes sont les amis dont on a le plus besoin lorsque vient le moment de recevoir une critique. Ils sauront nous conseillé moins durement que notre critique interne, mais aussi sévèrement que l'amitié le permet. 

06 - V comme vocabulaire

Le vocabulaire d'un écrivain varie en fonction de ses expériences et de ce qu'il a lui-même l'habitude de lire. Un mathématicien ne choisira pas les mêmes termes qu'un surréaliste pour parler de la même chose et c'est valable pour toutes les sphères de l'écriture. La plupart des gens qui écrivent désirent employer un beau vocabulaire pour pouvoir faire l'étal de leur connaissances, montrer qu'ils ont davantage de culture .. Mais ce n'est pas la seule chose qu'il faut avoir pour bien écrire. Il faut également savoir tourner ses phrases, maîtriser la description, le dialogue .. L'auteur peut avoir ses préférences, mais si il emploie des grands mots dans une phrase vide de contenu, l'effet est médiocre comparé à celui qui écrit une phrase simple avec des mots simples et qui signifie quelque chose. Il faut que l'écrivain trouve son style à lui et qu'il ne cherche pas qu'à miser sur le choix de ses mots, mais aussi sur sa façon de dire ses phrases. Le contenu d'une histoire peut être le même dans deux textes et pourtant, l'un est écrit avec des mots recherchés et l'autre avec des mots simples et le plus simple peut être le plus fort. Le choix du vocabulaire est important chez l'écrivain, mais il doit comprendre que ce n'est pas ce qui fait de lui un bon ou un mauvais écrivain.

05 - A comme Addiction

L'écriture est une drogue douce. Elle nous enivre et nous sommes obligés de continuer à la consommer, même si parfois ses effets peuvent nous rendre grognon ou en état de manque. On pense pouvoir s'en passer du jour au lendemain, car nous avons longtemps vécu sans elle et pourtant .. Dès la première phrase tapée, nous voilà incapable de nous arrêter avant d'avoir complètement terminé. Ce n'est pas facile, le métier d'écrivain. Ce n'est pas un état qui nous traverse avant de nous laisser indemne, bien au contraire. On peut peut-être manquer d'inspiration, mais avoir tout de même l'envie d'écrire. On peut également ne pas avoir envie d'écrire du tout, mais « parfois s’arrêter est le meilleur moyen de se rendre de nouveau frénétique » (p.75). L'écriture est un état d'esprit dans lequel l'écrivain se met et qui le libère des idées qui envahissent sa tête. L'écriture peut parfois être un poids, mais elle est bien souvent une délivrance pour celui qui écrit. Le talent vient avec le temps, mais on ne peut pas échapper à l'appel de ce besoin d'écrire.

04 - E comme Enfance

L'enfance est souvent le puit d'inspiration pour l'écrivain. C'est là une source inépuisable d'imagination et de rêverie. Il est indispensable de comprendre son passé pour pouvoir écrire, selon moi, ça explique bien souvent les sujets que l'on choisit d'aborder ou, au contraire, d'éviter. Le métier d'écrivain est l'un des rares où l'on peut dire que le fait de rêver est important et qu'il faut également savoir garder cette partie enfantine qui est en nous. Nous sommes également assez marqué par ce que nous vivons pendant notre enfance, par les lectures que nous faisons à cette époque de notre vie, mais aussi par les expériences et les ressentis. Notre sensibilité se développe souvent pendant l'enfance et c'est à ce moment qu'on porte le plus attention à ce qui nous entoure, même les choses les plus banales parce que justement, rien n'est banal quand nous sommes enfants, tout nous émerveille .. C'est cette sensibilité créatrice qu'il faut garder à son état naturel. L'enfance est cette fragilité qui fait de nous l'écrivain que nous sommes et qui fait que nous restons nous-même, même dans l'imaginaire. 

03 - L comme Lecteur

La question la plus importante pour l'écrivain, celle qu'il repousse constamment et à laquelle il n'a pas envie de répondre : Pour qui écrit-il ? Pourtant, le fait de répondre à cette question peut aider l'écrivain à orienter sa façon d'écrire. Il faut qu'il choisisse qui il veut avoir comme lecteur et par la suite tenter de le séduire, même si il doit garder en tête que le lecteur ne s'intéresse pas forcément à ce qu'il vit dans sa vie. Il est donc important que l'écrivain soit capable d'accepter que son lecteur ne sera pas forcément celui qu'il a envie qu'il soit, mais le lecteur doit aussi s'attendre à lire des textes qu'il ne s'attendait pas à lire ou au contraire, qui reflète sa vie (car l'écrivain n'était pas encore au courant du pacte qu'il doit avoir avec le lecteur). 

Il faut aussi que l'écrivain prenne en compte que la mémoire du lecteur n'est pas infaillible et il doit glisser parfois des petits résumés pour rappeler l'information au lecteur, mais sans lui donner l'impression d'être un idiot. Je suis tout à fait d'accord avec ça parce que ça m'arrive souvent aussi à moi de lire et d'oublier ce qui s'est passé avant parce que j'ai posé le livre pendant trop longtemps et des rappels ne seraient pas de refus. Il faut donc que l'écrivain prenne conscience de tout ce qui fait que son texte sera lu. Il ne peut pas agir comme si son texte restera dans son tiroir .. Il doit assumer ses choix et sa façon d'écrire. 

02 - S comme Science

Certains auteurs sont parfois des personnes qui faisaient d’autres métiers avant de se tourner vers la littérature. C’est le cas de certains scientifiques et de certains mathématiciens qui écrivent des livres que l’on considère parfois comme trop scientifique. Mais on ne peut nier que leur écriture peut amener certaines personnes à s’intéresser à la littérature alors qu’ils n’y voyaient pas forcément un intérêt de prime abord. Je pense qu’il est également important de préciser que la plupart des gens aiment s’intéresser à des sujets qui ne sont pas ceux de leur «vraie» vie, alors les écrits qu’ils font ne sont pas que des sources d’intérêts pour des mathématiciens. En plus, à leur époque, les scientifiques ont permis au vocabulaire de se développer. Je pense donc que c’est quelque chose de crucial de mélanger les idées et les façons de faire. Ça nous permet de nous développer et d’approfondir notre culture. En plus, c’est un bon moyen de renouveler les genres littéraires et les thèmes sur lesquels ont écrits, car comme le dit si bien Dany Laferrière : « Avec le temps et la quantité de livres publiés, il n’y a plus de phrases originales. Toutes les phrases que vous pouvez écrire l’ont été déjà des milliers de fois. » La science peut donc amener une toute autre dimension à l’écriture qui peut donc renouveler l’écriture. Il faut donc ne pas se fermer à des genres qui ne semblent pas être compatibles, il faut au contraire s’ouvrir à la différence et accepter de s’intéresser à des sujets différents.  

mercredi 15 février 2017

01 - P comme Patience

Pour écrire, il ne faut pas simplement s'armer d'un crayon et d'une feuille de papier. Il faut également posséder l'une des plus grandes qualités de l'écrivain : la patience. Comme dit dans l'oeuvre de Dany Laferrière, cette qualité est mise à rude épreuve dès le début du processus d'écriture : « [...] Je me suis assis devant la machine pour écrire ma première phrase. J'ai attendu la suite tout l'après-midi. Je ne savais pas encore qu'il n'y avait rien de plus épuisant qu'une première phrase. » (p.12) C'est aussi ça, être écrivain. C'est de comprendre et d'accepter que toute l'histoire que l'on veut écrire ne nous tombera pas dessus comme par magie. Il faut travailler fort et y mettre du temps. Il faut également comprendre que l'écriture se prépare et que parfois ça peut prendre beaucoup de temps. Il faut laisser son esprit accueillir l'histoire qui nous fait de l'oeil et prévenir notre entourage de notre manque de présence dans les prochains mois. Il faut se libérer des contraintes de la vie et s'atteler à notre oeuvre, sans se soucier du temps que ça prendra. Si l'histoire vient tout juste de naître dans son esprit, l'écrivain doit lui laisser le temps de poser ses bases, mais aussi se laisser le temps à lui-même de savoir si il a vraiment envie de vivre la longue aventure de l'écriture. La route est parfois longue et périlleuse, mais la patience est l'une des clés pour réussir.